Dossier et article de la revue "Dedans Dehors" de l’OIP : Enfermement des mineurs : l’impasse

dimanche 10 novembre 2019
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Enfermement des mineurs : l’impasse

882 adolescents vivaient derrière les barreaux au 1er juillet dernier. Si l’on y ajoute le nombre de jeunes en centre éducatif fermé, ce sont plus de 1350 mineurs qui sont enfermés. Un nombre qui ne cesse d’augmenter.

Par Laure Anelli, de l’Observatoire international des prisons-section française. Dossier "Enfermement des mineurs", 1/9.

« La France n’est pas assez riche d’enfants pour qu’elle ait le droit de négliger tout ce qui peut en faire des êtres sains », pose, dans son préambule, l’Ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante. Pourtant – et alors que tous les textes, qu’ils soient internationaux ou nationaux, présentent la détention d’un mineur « comme une “anormalité” uniquement acceptable en dernier recours »(1) –, chaque année, ce sont environ 3 000 jeunes que l’on emprisonne(2). La plupart d’entre eux le sont avant même d’avoir été définitivement condamnés : au 1er juillet, 8 % des mineurs détenus avaient le statut de prévenu(3).

Les trois quarts des adolescents incarcérés finissent dans le quartier pour mineurs d’une maison d’arrêt. Là-bas, un seul « avantage », par rapport aux détenus majeurs : chacun sa cellule, à quelques exceptions près. Pour le reste, le traitement est le même pour l’essentiel : conditions matérielles « indignes » ou « vétustes » à Villepinte, Strasbourg ou Caen, dénonce le Contrôle général des lieux de privation de liberté (CGLPL). Climat de violence. Vacuité du quotidien. Certains jours, « ils sont seuls avec leur télé. Pendant les vacances, ils s’ennuient à mourir », enfermés 23 heures sur 24 dans neuf mètres carrés, témoigne une éducatrice.

Attente interminable pour voir un médecin, un psychiatre. Et que dire de l’accès à l’éducation ? 25 % des jeunes détenus ont moins de six heures de cours hebdomadaires, 70 % moins de onze(4). Dans les prisons d’Île-de-France (qui accueillent un quart des mineurs incarcérés en 2018), ils peuvent attendre un mois avant de voir leur premier professeur – alors que leur détention dure en moyenne trois mois. Les établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) – prisons spécialement créées pour la détention des adolescents – devaient remédier à tous ces maux et donner toute sa place à l’éducation et au soin. Mais dix-sept ans après leur création, force est de constater que le sécuritaire l’emporte sur le reste. Surtout, les quartiers mineurs qu’ils devaient remplacer sont toujours pleins. Et le nombre de jeunes incarcérés est à la hausse, sans qu’aucune corrélation ne puisse être établie avec l’évolution de la délinquance – par ailleurs difficile à mesurer(5). En réalité, cette augmentation est surtout la conséquence du vent répressif qui souffle sur les mineurs depuis une vingtaine d’années.

Lire l’article complet.....https://blogs.mediapart.fr/observatoire-international-des-prisons-section-francaise/blog/081119/enfermement-des-mineurs-limpasse?fbclid=IwAR26fk3_DhkUm8Na7vMC0mMmlHINJOX9zZGu0dajJD_tWFDfUXuLSyL1FZU

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