Intervention du SNPES-PJJ/FSU au rassemblement du 15 novembre contre la loi de programmation Justice

jeudi 15 novembre 2018
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Au ministère de la justice et à la PJJ, un certain nombre de juridictions, notamment le TPE de Bobigny, se sont manifestées en cette rentrée pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels qui vient fragiliser la qualité du service public et l’égalité de traitement des justiciables. A Bobigny, ce sont près de 900 enfants qui sont sans aucune prise en charge éducative…sans compter les Mineurs étrangers Isolées….Et pendant ce temps-là, la ministre de la justice, peu informée de la réalité du terrain, se défausse de sa responsabilité en accusant les collectivités territoriales et les professionnels de ne pas faire leur travail…
Ainsi dans ce contexte, le projet de Loi Programmation Justice 2018 en l’état, ne ferait qu’aggraver la situation, en déléguant une partie du contentieux à des plates-formes numériques et en révisant le périmètre et les missions des différentes administrations.
Une justice déshumanisée et éloignée de la population et dans des territoires où les services publics disparaissent !

Parallèlement, face à la hausse constante de l’incarcération, la Garde des Sceaux promeut un « plan prison » illusoire avec la création de 7000 places de prisons supplémentaires.
La PJJ est doublement percutée par cette politique de par les publics qu’elle accompagne, qui seront encore plus fragilisés, ainsi que par les attaques à l’encontre du service public et des fonctionnaires.

Et dans ce contexte d’austérité budgétaire, l’administration ose annoncer qu’il y a des créations de postes….et malgré les besoins criants pour permettre une prise en charge de qualité et une réelle amélioration des conditions de travail….Ces moyens seront consacrés à l’ouverture d’un Prison pour Enfants (EPM) et à 20 centres fermés alors que par ailleurs, des foyers éducatifs ferment ou se retrouvent sur la sellette à Grasse, Épernay, Tourcoing, Beauvais, augmentant ainsi la disparition et la pénurie de places en hébergement éducatif.
A ce constat se rajoutent toutes les autres structures éducatives laissées à l’abandon au mépris de la sécurité des jeunes et des professionnel.les.
Alors que ces projet sont en cours de débat , le nombre de mineur.e.s incarcéré.e.s ou placées dans des structures d’enfermement ne cesse d’augmenter de mois en mois. Au premier juin ce sont 893 enfants qui étaient détenus !
Pour le SNPES-PJJ/FSU, il y a un lien évident entre l’accroissement de l’incarcération et les orientations de la PJJ et de la justice des mineur.e.s. L’histoire de notre institution démontre que les politiques d’enfermement ont toujours été en contradiction totale avec une prise en charge éducative qui vise à l’émancipation des enfants et des adolescent.e.s.
Face à l’ampleur du problème et à l’échec des centres fermés et des structures d’enfermements, dénoncées entre autre la CNCDH et le CGLPL, la DPJJ et le ministère de la justice refuse de s’interroger sur les choix qui sont faits et applique la feuille de route du gouvernement sans tenir compte de l’avis des professionnel.le.s et des organisations syndicales.

Pour notre part, nous refusons un projet de loi justice qui consacre tous les moyens à l’enfermement (avec plus de 50 millions d’euros) et qui va amplifier un l’échec d’une politique pour la jeunesse en difficulté de ce pays.
Nous exigeons l’arrêt de ce programme et le transfert des moyens budgétaires de ces structures d’enfermements vers les services éducatifs que sont les services de milieu ouvert, d’insertion et d’hébergement éducatifs….
Cela doit passer par les mesures suivantes qui sont urgentes pour la PJJ :
 Une réorientation des moyens consacrés aux structures d’enfermement pour les services éducatifs (Milieu Ouvert, Insertion et Hébergement),
 Le retour de la double compétence civile et pénale pour la PJJ,
 Un plan de titularisation pour les personnels non titulaires de la PJJ,
 Un recrutement conséquent d’agents (éducateur.trice.s, professeur.e.s techniques, ASS, personnels administratifs et techniques, psychologues, etc.) avec un statut et des grilles indiciaires revalorisés.
Défendons ensemble d’autres choix pour la jeunesse en difficulté.
Faisons toutes et tous ensemble le choix de l’éducation et non celui de
l’enfermement !
Quant à la FSU, première fédération syndicale dans le secteur de la formation, la recherche et l’éducation, elle à tenu à l’occasion de son dernier conseil national qui s’est réuni le 13 et 14 novembre 2018, apporter tout son action a ce rassemblement en déclarant :
« que les professionnels de la Justice, au moment de l’ouverture jour des débats à l’assemblée nationale du projet de loi de programmation » ont toute légitimité pour exiger une justice de proximité garante de l’équité de traitement pour toutes et tous et une réorientation des moyens consacrés aux structures d’enfermement au profit des services d’insertion et des services éducatifs (Milieu Ouvert, Insertion et Hébergement) .
Pour finir, nous tenons à apporter tout notre soutien au GENEPI, association d’étudiants qui depuis 1976 intervient dans les prisons pour mettre en place des actions d’éducation et d’insertion en direction des détenues majeurs et mineurs. La DAP a pris la décision (avec le soutien de la ministre) de mettre fin à la convention en reprochant la liberté de parole des groupements locaux de GENEPI concernant les conditions d’incarcération des détenus.
Cette décision ferme l’accès des bénévoles aux établissements pénitentiaire.
Le SNPES-PJJ/FSU dénonce cette situation et exige le rétablissement de la convention ainsi que l’accès des militants aux établissements pénitentiaire pour continuer leurs actions au bénéfice des mineurs et majeurs détenus.


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SNPESPJJ
54, Rue de l’Arbre Sec
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Fax : 01 40 20 91 62
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