RASSEMBLEMENT DU 1 DECEMBRE 2020 DEVANT LE TRIBUNAL DE BOBIGNY REPORTAGE DU JOURNAL L’HUMANITE : Pourquoi ils disent non au nouveau code de justice pénale des mineurs

mercredi 2 décembre 2020
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Éducateurs, avocats, magistrats et autres professionnels de l’enfance ont manifesté contre le nouveau code de justice pénale des mineurs. Les professionnels du secteur se sont donnés rendez-vous sur le parvis du tribunal de Bobigny, lieu symbolique pour la justice des mineurs, car premier tribunal pour enfants de France en terme d’activité, tristement connu pour son manque de moyens et de personnels.

A l’occasion d’un appel à la grève, ils ont une nouvelle fois contesté le nouveau code pénal de justice des mineurs, jugé plus répressif qu’éducatif.

Ce nouveau code, contesté tant sur la forme que sur le fond, est en phase d’examen final à l’Assemblée nationale.

« Il y a un certain nombre de principes à l’intérieur de ce code, qui ne correspondent pas à ce que nous défendons nous, une justice éducative des enfants de notre pays », regrette Vito Fortunato, éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, et secrétaire national de la SNPES-PJJ.

Cet éducateur, au plus près des jeunes sur le terrain, s’alarme par ailleurs des conséquences délétères que risquent d’avoir certaines dispositions du nouveau code. L’accent étant mis sur l’accélération des procédures, Vito Fortunato et ses collègues assurent que c’est bien la qualité du travail éducatif qui en pâtira, alors que les éducateurs sont déjà sous pression.

Dominique Attias, avocate et membre du Conseil de l’Ordre du barreau de Paris, prend la parole lors de la conférence de presse pour rappeler que la France est le pays en Europe qui incarcère le plus de mineurs.

« C’est une philosophie assez particulière, qui veut dire que l’on enferme nos enfants plutôt que de les éduquer » analyse Myriam Baghouli, avocate du barreau de Seine-Saint-Denis et membre du Syndicat des Avocats de France. L’avocate déplore que les moyens engagés dans le budget de la justice soient en priorité fléchés vers ces centres fermés, en dépit des centres ouverts, plus éducatifs, qui souffrent d’un manque chronique de moyens.

La teinte répressive de ce texte passe d’autant plus mal auprès des professionnels qu’il est décoléré des chiffres de la délinquance des mineurs.
« Les statistiques, les études, ne démontrent pas d’augmentation de la délinquance » souligne la juge des enfants Lucille Rouet, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature.

Plus encore, cette approche répressive de la justice des mineurs fait oublier que ces « mineurs sont au départ des enfants en danger » défend Sophie Legrand, également juge des enfants et secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature. Auparavant conçue comme une justice à part entière, « la justice des mineurs ressemble de plus en plus à la justice des adultes » s’attriste la juge Sophie Legrand.

Voir la Vidéo....https://www.youtube.com/watch?v=j1uLwsTvLio&feature=youtu.be


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